Habiter les limites

Habiter les limites

Habiter les limites est un dispositif de formation expérientielle qui mobilise les techniques du théâtre-forum pour permettre à des jeunes de 16 ans d’explorer les enjeux de la bifurcation écologique à travers des situations concrètes, des conflits d’usage et des choix collectifs. Pendant deux journées de formation (12 heures), les participant·es sont invités à enquêter sur une question centrale : « Que faut-il garder du monde pour qu’il reste habitable ? ».

Le dispositif prend place dans un territoire fictif appelé Sanem, un lieu collectif confronté à des contraintes écologiques, sociales et organisationnelles : ressources limitées, fatigue des bénévoles, conflits d’usage, mobilité contrainte, gestion des communs et participation des jeunes aux décisions. Cette mise à distance fictionnelle permet d’aborder des questions complexes sans exposer directement les expériences personnelles des participant·es. Les jeunes ne sont pas invités à défendre des opinions abstraites, mais à incarner des personnages, expérimenter des situations et éprouver les conséquences concrètes de différentes décisions collectives.

Inspiré du théâtre-forum d’Augusto Boal, le dispositif repose sur une pédagogie de l’expérimentation. Les participant·es créent des scènes présentant des situations bloquées puis interviennent directement dans l’action pour tester d’autres manières d’agir. L’objectif n’est pas de trouver une solution idéale, mais de comprendre ce qui change réellement lorsqu’une règle, une relation ou un usage est modifié. Chaque intervention devient ainsi une occasion d’explorer les tensions entre besoins individuels et collectifs, entre justice sociale et contraintes matérielles, entre aspirations et limites planétaires.

L’approche pédagogique privilégie les situations vécues aux discours théoriques. Les jeunes découvrent les enjeux écologiques à travers des objets, des personnages, des lieux et des gestes ordinaires. Une attention particulière est portée au travail invisible qui permet aux collectifs de fonctionner : entretien, réparation, organisation, soin, accueil ou transmission. Le dispositif refuse les solutions simplistes et encourage une lecture nuancée des situations, où plusieurs points de vue peuvent être à la fois légitimes et incompatibles.

Les objectifs pédagogiques sont multiples : comprendre les limites écologiques comme des réalités concrètes, analyser les effets différenciés des règles et des décisions collectives, développer l’écoute, l’improvisation, la coopération et la prise de parole, tout en renforçant la capacité à penser des alternatives réalistes dans un contexte de contraintes. Le dispositif vise également à faire émerger une parole jeune sur les conditions d’habitabilité des territoires contemporains.

Au terme du parcours, les participant·es produisent plusieurs scènes de théâtre-forum, une cartographie des tensions du territoire fictif et une réflexion individuelle sur ce qui mérite d’être préservé dans un monde confronté aux limites écologiques. Plus qu’un simple atelier théâtral, Habiter les limites constitue un espace d’expérimentation collective où l’on apprend à arbitrer, coopérer et imaginer des futurs soutenables sans nier la complexité du réel.

Rendre visible l’invisible -Ecriture, théâtre, musique

« Rendre visible l’invisible » est un dispositif de création artistique interdisciplinaire qui invite les participant·es à explorer ce qui échappe habituellement au regard : une voix absente, un personnage secondaire, un hors-champ narratif, une tension implicite ou une réalité peu perçue. À partir d’un récit, d’un thème, d’un univers fictionnel ou d’une situation proposée, les participant·es identifient un angle mort puis le transforment en création artistique à travers l’écriture, le théâtre et la création sonore assistée par intelligence artificielle.

Le dispositif repose sur une démarche progressive qui accompagne les jeunes de l’idée initiale jusqu’à une production finalisée et partageable. Les participant·es explorent un point de vue original, définissent leur intention artistique, produisent un texte, expérimentent différentes formes de mise en voix ou de création sonore, puis retravaillent leur proposition avant une restitution publique ou interne. Cette progression permet de développer à la fois la créativité, l’expression personnelle, la capacité d’analyse et les compétences de collaboration.

L’originalité du projet réside dans l’articulation de trois langages artistiques complémentaires. L’écriture permet de produire récits, dialogues, monologues ou fragments poétiques. Le théâtre offre un espace d’incarnation à travers la lecture à voix haute, la mise en voix ou la création de courtes scènes. La dimension sonore et musicale ouvre enfin un champ d’exploration supplémentaire grâce à la création d’ambiances, au montage de fragments ou à la composition assistée par des outils numériques tels que SUNO. Chaque participant peut ainsi mobiliser ses propres sensibilités et talents, tandis que le groupe bénéficie de la complémentarité des approches.

Au-delà de la production artistique, le dispositif poursuit plusieurs objectifs pédagogiques : développer les compétences d’expression écrite et orale, stimuler l’imaginaire, apprendre à structurer une création de manière rigoureuse, expérimenter différents médiums artistiques et découvrir un usage réfléchi de l’intelligence artificielle comme outil d’exploration et de soutien à la création. Une attention particulière est portée à la coopération, à l’écoute mutuelle et à la co-construction des productions collectives. Aucune compétence préalable en écriture, théâtre ou musique n’est nécessaire pour participer.

Conçu pour les élèves du secondaire ainsi que pour différents cadres éducatifs, culturels ou extrascolaires, le dispositif est particulièrement adaptable. Il peut être déployé sous forme d’un parcours complet de sept séances de deux heures ou être condensé dans une version plus courte de deux à trois séances. Son caractère interdisciplinaire lui permet de s’intégrer facilement dans des projets pédagogiques existants, des parcours créatifs, des semaines thématiques ou des projets artistiques collectifs.

La restitution finale constitue un temps fort du projet. Loin d’une simple présentation de fin d’atelier, elle valorise le travail accompli à travers des formats adaptés au contexte : lecture performée accompagnée d’une ambiance sonore, montage de textes et de créations sonores, mini-parcours scénique ou présentation lors d’un événement de l’établissement. Les productions réalisées deviennent ainsi des objets culturels identifiables, mémorables et partageables, offrant aux participant·es une véritable expérience de création et de diffusion artistique.

Par son caractère accessible, sa méthodologie structurée, son approche interdisciplinaire et son intégration raisonnée des outils d’intelligence artificielle, « Rendre visible l’invisible » propose une expérience contemporaine de création qui permet à chacun de donner forme à ce qui demeure habituellement caché, implicite ou silencieux.

« Où mettre quoi ? » – Introduction à la pratique de curation et de réalisation d’une exposition

Comment les œuvres d’art sont-elles sélectionnées, agencées et présentées dans un musée ? Quel rôle jouent les curateurs dans ce processus ?

Cette activité propose une introduction au métier de curateur, afin de permettre aux participants de mieux comprendre les idées, les choix et les visions qui façonnent la conception et la réalisation des expositions.

Au cours de cet atelier pratique, les participants sont invités à imaginer leur propre exposition à partir des espaces et des œuvres du Mudam. Ils commenceront par choisir la reproduction d’une salle du musée, puis y intégreront une sélection personnelle et réfléchie d’œuvres issues des expositions en cours ou de la collection.

Ils exploreront ainsi la manière dont le sens émerge à travers le placement des œuvres, l’organisation de l’espace et de nombreux paramètres.

“What goes where?” A Workshop on the Art of Curating and Exhibiting

How are artworks selected, arranged, and displayed in a museum, and what role do curators play in this process?

This activity offers a brief introduction to curatorial practice, allowing participants to gain insight into the ideas, decisions, and visions that shape exhibitions.

Through this hands-on workshop, participants will choose a printed image of a gallery space at Mudam and select smaller reproductions of artworks from current exhibitions or the museum’s collection to place within it, thereby creating their own exhibition space.

They will explore how meaning emerges through placement, spatial design, and various factors.

This activity encourages students to test ideas, make curatorial choices, and reflect on art within a broader context.

Identités texturées : un atelier de reliure et de chasse aux textures

Comment exprimer notre identité au-delà des images, des portraits ou des éléments visuels ?

Cet atelier propose d’explorer d’autres façons d’aborder l’identité à travers le toucher, la texture, la matière et l’empreinte. Plutôt que de se représenter à travers leur apparence, les participants sont invités à se concentrer sur leurs émotions, leurs qualités et leurs expériences personnelles.

Chaque participant créera et reliera son propre carnet, qui deviendra un espace de recherche et de création. À l’aide d’une technique d’estampe, ils collecteront et composeront des textures, en explorant et en imprimant des surfaces issues de leur environnement. Ces empreintes seront ensuite transformées en un langage à la fois tactile et visuel.

Qu’elle soit structurée ou intuitive, minimaliste ou expressive, cette activité encourage l’exploration et l’expérimentation, tant sur le plan artistique que personnel.

Textured Selves: A Bookbinding and Texture Hunting Workshop

How can we express who we are beyond images, portraits, or other visual elements?

This workshop explores alternative ways of approaching identity through touch, texture, material, and print. Rather than representing the self through outward appearance, participants are invited to reflect on their inner emotions, qualities, and personal experiences.

Each participant will create and bind their own notebook, which will serve as a personal space for collecting and composing textures using a stamping technique. By exploring and imprinting surfaces from their surroundings, they will translate their impressions into a tactile and visual language.

Whether structured or intuitive, minimal or expressive, this activity encourages exploration and experimentation on both an artistic and personal level.

Créez votre propre nuage !

Façonnés par l’air, le mouvement et la lumière, les nuages se transforment sans cesse.

Dans cet atelier, nous invitons les participants à s’inspirer des célèbres « nuages en poussière » (Dust Clouds) de l’artiste Igshaan Adams pour créer leurs propres formes poétiques.

À partir d’une vidéo exclusive du Mudam, nous découvrirons les techniques de l’artiste ainsi que son processus créatif. À l’aide de fil de fer, de perles et de divers matériaux, chacun sera ensuite invité à composer son propre nuage.

Nous vous encourageons à apporter de petits objets du quotidien afin de personnaliser votre création et de lui donner une signification particulière.

Make your own cloud !

Clouds are constantly shifting, shaped by air, movement and light.

In this workshop, we invite participants to create their own.

Inspired by artist Igshaan Adams’ practice, we will introduce his art and his techniques through a Mudam-exclusive video, in which the artist shows the creation of his cloud-like sculptures.

Using wire, beads and a variety of other materials, each person will form a delicate cloud inspired by the artist’s work.

We warmly invite participants to bring small materials to personalize their piece and give it a special meaning.

Truth in Photography: Image, Technology and the Age of AI

Photography has always had a complicated relationship with truth. From the earliest darkroom manipulations to the cut-and-paste logic of analogue editing, the idea that a photograph simply records reality has never been entirely stable. What has changed with AI is not the question – that question is as old as the medium – but the scale, the speed, and the accessibility of the tools available to alter, fabricate and circulate images.

This workshop by artist Yasemin Elci invites students to examine that history and then put their thinking to work: building a short photographic story that consciously combines human-made images with AI-generated visuals to address a social topic of their choosing. The result is not just a project but an argument, made in images, about what photography can and cannot tell us, examining photography’s evolving relationship with technology.

Social Impact Through Photography

This two-day workshop by artist Yasemin Elci invites students to use photography as a tool for social change. Rather than focusing on technical mastery alone, it asks young people to look carefully at the world around them – their communities, their environments, their daily lives – and to consider not just what is worth documenting, but how that documentation can reach people and make something happen.

Working individually or in small groups, participants will design their own photography project around a social topic of their choosing. This means identifying a subject that matters to them, developing a visual approach to it, and thinking through how the work will connect with the people it is made for. Who is the audience?

Where will the images be seen? What response do they hope to provoke? What difference do they intend to make in the world? What is one thing they wish everyone could see differently?

The workshop treats photography not as an end, but as a starting point for a broader question: how does an image become an action?

A central part of the workshop is peer feedback. After each presentation, participants are invited to respond to each other’s work – asking questions, offering observations, and suggesting ways to strengthen the project. This transforms the closing session into something more than a presentation: it becomes a collective conversation in which everyone’s project benefits from the intelligence and perspective of the whole group.

The aim is for participants to leave not only with their own project developed, but with the experience of working as a community – learning to give and receive constructive feedback, to build on each other’s ideas, and to understand that socially engaged work is always stronger when it is made in dialogue with others.

No prior experience in photography is required – only curiosity, a point of view, and a willingness to engage with the world around them.